1 février 2021 • 4 min de lecture
Le big data politique : game changer des affaires institutionnelles ?
Robin Osmont
"Le big data est le pétrole du XXIe siècle". Voilà une assertion prometteuse répétée comme un mantra, mais qui ne permet d’en comprendre ni l’usage, ni la valeur. L’intérêt de la data est pourtant protéiforme. Retour sur ce que peut apporter le big data politique aux professionnels des affaires institutionnelles.

Commençons par démystifier les solutions big data et révélons tout de suite ce qu'elles NE PEUVENT PAS apporter aux affaires institutionnelles.

  • Le big data n’est pas capable d’appréciation et de subjectivité. Après tout, la data n’est qu’une succession de 0 et de 1, qu’elle soit big ou pas.
  • Il en découle que le big data ne peut pas prendre le recul nécessaire à la prise de décisions et à l’élaboration de stratégies d’influence.
  • Le big data n’est pas capable de construire un raisonnement ou de rédiger correctement un plaidoyer.
  • Le big data ne peut pas non plus développer un réseau et rencontrer un élu.

Pour le dire plus prosaïquement, une solution big data ne dispose pas de toutes les soft skills qui rendent compétent le représentant d’intérêt, et ne pourra donc jamais s’y substituer.


Dixit se tire une balle dans le pied

Si les solutions big data ne remplacent pas les professionnels des affaires institutionnelles, alors à quoi peuvent-elles bien être utiles ?

Dans big data, le mot-clé c’est data. Et une data ce n’est rien de moins qu’une… information !

De façon générale, la valeur d’une solution big data réside essentiellement dans sa capacité à extraire une valeur du traitement d’informations. Les machines permettent de collecter beaucoup de data, de les organiser automatiquement, et de les mettre à disposition des utilisateurs finals sous des formes variées.

Autre avantage des machines : elles ne dorment jamais (surtout dans le cloud).

LA PROPOSITION DE VALEUR DU BIG DATA POLITIQUE

Dans le cas des affaires institutionnelles, on peut attendre des solutions big data qu’elles nous simplifient la vie et qu'elles nous fassent gagner en temps et en efficacité. Plus particulièrement, elles permettent de :

  • Gagner du temps, beaucoup de temps sur la veille : en scannant les open data sur les éléments qui vous intéressent (des mots clés, des articles de dossier législatif…), une solution big data bien paramétrée fera le travail de collecte des informations à votre place. C’est potentiellement l’information politique qui vient à vous et non plus vous qui allez la chercher.
  • Développer une vision 360° d’un sujet : une fois mise en place, une telle solution scanne tout. Oui, y compris l’intervention d’un sénateur dans une commission que vous ne suivez pas. Y compris également la question de l’eurodéputé lituanien sur votre sujet.
  • Disposer d’une « mémoire » du politique : une solution big data peut mettre à votre disposition une base de données qui mutualise des sources de données très différentes, et sur laquelle vous pourrez facilement réaliser des requêtes grâce à quelques filtres bien sentis.
  • S’organiser : il est facile de se retrouver une info de la veille, de la semaine dernière voire, pour ceux qui ont une bonne mémoire, du mois dernier. Mais combien se rappellent ce qu’il s’est passé il y a 6 mois ou un an, et combien ont bien classé leurs informations dans leurs dossiers ? Une interface d’intelligence politique vous permettra de conserver vos résultats favoris et de les retrouver en deux clics.
  • Prendre des décisions éclairées : c’est ici que cela devient particulièrement intéressant. Avec la data, vous pouvez construire des indicateurs statistiques pour vous aider à comprendre votre environnement institutionnel et à vous accompagner dans la définition de votre stratégie de lobbying. Qui ne serait pas intéressé par une analyse sur les 30 députés qui ont posé le plus de questions au Gouvernement sur son secteur d’activité ?

Bref, le big data politique va bouleverser une partie des affaires institutionnelles en s’occupant du hard, et en suggérant des analyses aux professionnels des affaires institutionnelles, qui vont pouvoir se concentrer sur des tâches… beaucoup plus intéressantes.

Et ça, c’est un « game changer » qui va dans le bon sens.

1 Une interface utilisateur fluide peut aussi aider.